Jeudi 31 mai 2012 4 31 /05 /Mai /2012 22:35

MOURIR A 30 ANS…

Elle était née en 1982 quelques mois après l’arrivée de François Mitterrand au pouvoir. A une époque où les jeunes de cité n’étaient pas encore à passer au Karcher selon nos éminents cerveaux de droite.

A une époque où la ville de Woippy avait un maire dont le coeur battait à gauche comme le sien et n’avait  pas encore été appâtée par le populiste François Grosdidier (petite anecdote amusante : le correcteur d’orthographe ne connaissant pas ce nom propose Grossier à la place…ça ne s’invente pas…).

Un temps que les moins de 26 ans ne peuvent pas connaître et dont ils ne connaîtront plus l’une des créations , la mission locale de Woippy-Vallée de l’Orne , première mission locale en France.

Cet après-midi cette structure présidée par le maire de Woippy et dirigée par Madame Brancaléoni ,directrice épaulée de Madame Choquel, ex candidate socialiste  aux cantonales (suppléante de Mr Bonati sur le canton de Montigny) et conseillère municipale de Saint Julien lès Metz, responsable de secteur, a été mise en liquidation judiciaire. Mourir à 30 ans , à l’heure où jamais sans doute les jeunes n’ont autant eu besoin d’être épaulés dans une société où précarité et chômage règnent en maitre, avouez que c’est ballot…Et dire que des rumeurs envoient Mr Grosdidier sur le champs de bataille des municipales de Metz en 2014…A côté de cette perspective, Halloween et Vendredi 13 réunis sont un conte pour enfant …bref.

Que ce soit devant la presse ou devant le tribunal, Monsieur Grosdidier n’a eu de cesse de charger les salariés de la Mission locale, coupables d’avoir fait sombrer la structure de par leurs 5 jours de grève en 2011. .

Il faut rappeler un fait d’une simplicité enfantine : depuis plusieurs années la situation financière de la mission locale était très tendue, et ce prétexte largement utilisé pour refuser toute augmentation ou promotion.

Alors imaginez la surprise des salariés quand ils ont appris par le biais d’un tract électoral de Mr Bonati que sa suppléante Josiane Choquel  se présentait comme Responsable de secteur. Soit l’aveu d’une promotion passée étrangement sous silence . Imaginez dans votre entreprise votre collègue gagner un grade et ne pas vous le dire. Bizarre non ? Sans doute est-ce due à la trop grande discrétion et modestie de la bienheureuse promue.

Mais les salariés ne sont pas au bout de leur surprise. Alors qu’une fusion avec la mission locale de Metz et la PAIO de Metz-campagne se précise, avec ce que cela peut induire comme incertitude pour les évolutions salariales et hiérarchiques du personnel, ils découvrent 2 autres promotions. Sur quel critère ? le mystère est aussi épais que les piles de mouchoirs que la direction accumule devant les élus et les partenaires. Ca mouille les larmes de crocodile….

3 promotions d’un coup, la mission locale semble alors se porter comme un charme ! Et quand elle embauche une personne pour le remplacement d’une salariée en maladie et que cette remplaçante, proche de la direction, est conservée plusieurs mois après le retour de la titulaire du poste, on se dit que décidément, la mission locale roule sur l’or.

C’est donc fort logiquement que le personnel ,appuyé par la CGT (mais surtout pas par la CFDT…fidèle à elle-même à moins que ça ne soit à quelqu’un) a demandé sa part du gâteau. Le conflit a démarré fin janvier 2011 et jamais le maire de Woippy n’a vraiment été à l’écoute du personnel ; jamais il n’a eu la moindre intention de régler ce conflit autrement que par le pourrissement. Au contraire, il n’a jamais cessé de provoquer et de jeter de l’huile sur le feu, notamment par ses déclarations scandaleuses où il doute de la santé mentale des salariés.Même en novembre, quand il a semblé entrouvrir sa porte après l’occupation des locaux par le personnel, c’était pour mieux la refermer sur leurs doigts.  Peut-être aurait-il fallu se préoccuper de la santé tout court de ces salariés car il serait étonnant que la médecine du travail n’ait pas eu écho de l’état des troupes bien avant ce conflit. Le maire de Woippy a même été alerté de certains faits par courrier par le biais d’une personne désormais extérieure à la structure sans jamais daigner y répondre. Il faut dire que ces petits problèmes n’étaient rien à côté de toutes les préoccupations électorales permanentes de Mr Grosdidier. Et que sur la carte de visite d’un membre de l’UMP en 2012, il doit être plus valorisant d’être un ancien membre du Parti des forces nouvelles (mouvement d’extrême droite né de feu Ordre Nouveau dans les années 70) que d’être président d’une mission locale…

Mais il serait trop réducteur de ne juger que Mr Grosdidier tant dans cette affaire le comportement de caniches bien éduqués de certains élus est choquant. Voir des élus de gauche prendre partie contre des salariés au mépris de faits pourtant accablants pour Grosdidier et la direction de la mission locale est à vous dégoûter de la politique…on espère d’ailleurs vivement que les électeurs sauront rendre la monnaie de leur pièce à certains candidats aux législatives comme Patrick Abate.

Ce jour, la mission locale est morte . Après 30 ans de bons et loyaux services auprès de dizaines de milliers de jeunes, en laissant 2500 utilisateurs actuels sans l’aide qu’elle leur apportait. Espérons que de nouvelles initiatives verront le jour pour pallier à cette situation . Et par pitié, pas avec les vrais  fossoyeurs d’aujourd’hui.

Par salaries-mission-locale-woippy
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mardi 29 mai 2012 2 29 /05 /Mai /2012 21:35

Demain sera rendue la décision de la chambre civile du Tribunal d'Instance de Metz, sur la liquidation de la Mission Locale. Le procureur dans son réquisitoire a soutenu ce jour, la position du mandataire et de l'admibistrateur à savoir; la  transformation de la procédure de redressemnet en cours en liquidation immédiate. Ce sera la PREMIERE MISSION LOCALE DE FRANCE à disparaître de cette manière et ce  dans l'indifférence générale. Nous prendrons acte de la décision du Tribunal avec dignité et saurons réagir à la hauteur du mépris que nous avons eu à subir depuis maintenant plus de 18 MOIS. Une assemblée générale des salariés se tiendra dès jeudi pour définir les actions musclées à mettre en oeuvre.mise_a_mort.jpg

 

Par salaries-mission-locale-woippy
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 28 mai 2012 1 28 /05 /Mai /2012 23:56

La Chambre Civile du Tribunal de Grande Instance de Metz doit rendre son jugement ce Mardi 29 mai 2012 à partir de 9H sur le devenir de la Mission Locale de Woippy après une période d'observation de 2 mois. L'administrateur ainsi que le mandataire judiciaire dans leurs bilans, préconisent la liquidation judiciaire. Ce qui signifie: la mort de l'association Mission Locale, l'abandon de plus de 3000 jeunes, le démantèlement d'un service public de l'emploi et 18 licenciements économiques.

Nous ne pouvons qu'exprimer  notre profonde colère face aux agissements du Sénateur Maire et Président de la Mission Locale Monsieur Grosdidier, que nous suspectons d'avoir orchestré et prémédité cette faillite. De par son attitude, son mépris envers une organisation syndicale et son zèle à défendre une direction mise en minorité par plus de 70 % des salariés, il restera dans l'histoire sociale Mosellane, comme étant le premier homme politique à avoir fait disparaître une mission locale. Une mission locale qui devait fêter ses 30 années d'existence en 2012, comme beaucoup d'autres qui sont le bras armé de l'état dans sa politique en direction de la jeunesse.

Nous suspectons Monsieur Grosdidier à travers son initiative unilatérale de déposer le bilan de l'association de :
-vouloir se débarrasser de salariés qui ont osés défier son autorité en revendiquant un traitement équitable (la même augmentation de salaire pour tous)
-d'exploiter ce modeste conflit social pour faire capoter le processus de fusion des trois missions locales de l’arrondissement de Metz Campagne pourtant arrivé à maturité (pour des considérations purement financière)
-priver la jeunesse la plus précaire d'un lieu d'écoute, d'accueil et d'aide dans l'accès à l'emploi, la formation, le logement

Nous sommes convaincus que la direction actuelle et les amies salariés de Monsieur Grosdidier, si liquidation se fera, seront réembauchés pour les remercier de leur fidélité. Monsieur Grosdidier l'a clairement fait entendre lors d'une réunion en Mairie de Woippy ou selon lui : "les salariés qui n’auraient pas démérité seront embauchés" le temps qu'une nouvelle mission locale voir le jour.

Tous les salariés de la Mission Locale de Woippy seront ce MARDI 29 mai 2012 au Tribunal de Grande Instance de Metz à partir de 9H,  pour soutenir leurs représentants; Nous prendrons acte avec dignité du jugement et convoquerons immédiatement une assemblée générale pour décider des actions d'une force exceptionnelle à mettre en œuvre.

Par salaries-mission-locale-woippy
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Mardi 22 mai 2012 2 22 /05 /Mai /2012 16:15

Un service public en liquidation judiciaire ? Tout un symbole. Depuis plusieurs mois, le sort de la mission locale des Vallées de la Moselle et de l'Orne est sur la sellette. Malgré une mobilisation inédite d'une majorité de ses salariés, le président de l'association et sénateur-maire François Grosdidier (UMP) ne voit qu'une solution à ce conflit social : le dépôt de bilan.

 

photo-woippy.jpg

Elle fut la toute première mission locale à ouvrir en 1982 mais risque d'être la première à mettre la clé sous la porte. Dans moins d'une semaine, le 28 mai prochain, le tribunal se prononcera sur la liquidation judiciaire de la mission locale des Vallées de la Moselle et de l'Orne, couvrant 40 communes, dont le siège se trouve à Woippy, petite ville de 13 700 âmes, située à la périphérie nord de Metz. Si la liquidation judiciaire est décidée, tous les salariés risquent le licenciement. Là, dans cette région ravagée par la désindustrialisation et la fermeture de casernes ; là, dans cette ville, possédant l'ancienne plus grande gare de triage d'Europe ; là, ses quartiers démunis où le chômage des jeunes de moins de 25 ans culmine à 40 %. La mission locale soutenait dans ses démarches plus de 500 jeunes par an.


Au milieu d'une zone industrielle, entre deux entrepôts, le long d'une voie rapide, une petite pancarte bleue mal accrochée, aux lettres délavées, signale la structure. A l'entrée, le point accueil se bat en duel avec un espace de quatre places pour la pause du midi et un box sombre où les conseillers sont censés recevoir les jeunes. « Évidemment, cet espace d'entretien ne remplit pas les conditions de la confidentialité. J'entends toutes les conversations et les jeunes ne sont pas très à l'aise », regrette Nathalie Bernot à l'accueil. Dans un des bureaux aux murs marrons et aux fines cloisons, quatre salariés sont entassés. L'un d'eux, Rachid Bahloul, conseiller et délégué CGT, y reçoit un jeune. « Ce sinistre parloir, c'est la conséquence du désengagement de plusieurs communes. Comme nous n'avons plus d'antennes dans ces villes, les jeunes sont obligés de venir jusqu'à Woippy. » Le 4 janvier 2012, le président de la mission locale François Grosdidier mais aussi sénateur-maire UMP de la ville a réuni les maires adhérents. « Comme par hasard, à partir de ce jour-là, les communes ont commencé à se désengager. Il a crée les conditions d’asphyxie financier de la structure. Au mois de février, il a annoncé unilatéralement le dépôt de bilan», résume Rachid Bahloul écœuré. Si les méthodes du maire sont douteuses, elles correspondent bien au personnage. C'est que Monsieur Grosdidier s'est illustré à plusieurs reprises pour des déclarations nauséabondes entre 2005 et 2006, preuve d'un racisme ordinaire décomplexé. En saisissant d'abord le ministère de la Justice contre plusieurs groupes de rap pour « incitation au racisme et à la haine ». Sa plainte a été jugée irrecevable. Puis, en posant une question à l'Assemblée nationale associant clairement les mariages blancs aux « youyous » qui résonnent dans sa mairie (1).


Depuis plusieurs mois, le conflit oppose une majorité de salariés de la mission locale (14 sur 18) à leur direction ainsi qu'à François Grosdidier. Outre une dégradation progressive des conditions de travail depuis 2007, les salariés découvrent, en février 2011, au détour d'une affiche électorale la promotion cachée d'une de leur collègue proche de la direction. « C'est ce qui a mis le feu aux poudres », explique un des conseillers. Face à l'absence de dialogue, les salariés syndiqués engagent une grève d'une semaine, en octobre 2011, pour demander « un changement dans les méthodes de management ». Magali Bardou, conseillère à Woippy depuis onze ans, témoigne d'une voix fluette : « Au fur et à mesure des mois, on nous a retiré des responsabilités pour ne faire que de l'accueil. Avant, on avait un travail de partenariat avec des élus, on suivait les stages en entreprises. Ces missions nous ont été clairement supprimées. C'est très dur, on a l'impression de ne plus servir à grand chose ». Franck Kiefer, conseiller depuis 2006, ne comprend toujours pas l'acharnement de la direction contre les salariés. Assis à son bureau, il analyse la façon dont le conflit s'est envenimé : « Au lieu d'apaiser la situation, François Grosdidier a balayé d'un revers de la main toutes nos revendications. Il a politisé le conflit et a poussé des communes à se désengager en disant qu'on ne faisait plus le travail, ce qui est faux ». Joint par téléphone, le sénateur-maire persiste et signe en dénonçant « une équipe d'immatures et d'irresponsables à qui on ne peut pas faire confiance pour accompagner des jeunes à qui il faut remettre les pieds sur terre et donner le sens des responsabilités. Je leur avais bien dit il y a six mois que si le conflit ne se réglait pas, les communes ne continuerait pas à cotiser », lâche-t-il menaçant. Volonté préméditée de faire disparaître la mission locale ? « Nous sommes devenus une épine trop grande dans le pied du sénateur-maire », rétorque une salariée. Drôle de mise à mort dans un contexte de crise économique aggravée.



Après douze mois de conflit social, les salariés de la mission locale de Woippy n'attendent plus rien de leur président François Grosdidier. Pour beaucoup, le sentiment prédomine d'avoir été lâchés volontairement par celui qui cumule le mandat de sénateur-maire UMP et de président de la mission locale. Difficile de prouver la force et l'intérêt du travail effectué auprès des jeunes, tant le suivi et la confiance se tricotent au fil des mois, voire des années. « Nous faisons de l'accompagnement social vers l'insertion professionnelle et sociale. Nous gérons aussi des questions de santé et de logement. Redonner confiance à quelqu'un , il n'y a aucun chiffre qui le prouvera mais ça permettra au jeune de trouver du travail », explique Eveline, conseillère en insertion. Malgré le conflit et les attaques frontales de François Grosdidier sur leur « fainéantise », les conseillers ont continué à assurer avec le même engagement leurs objectifs vis-à-vis des jeunes. Si la mission existe, c'est qu'elle a une spécificité du public jeune qui diffère de la maison de l'emploi de Woippy. « Un jeune de 16 ans n'a pas les mêmes craintes ou attentes qu'un adulte. Les dispositifs ne sont pas les mêmes. Se passer d'un outil performant et des techniciens qui maîtrisent leur outil, c'est difficile à concevoir



Lors de la grève des salariés, aucun élu de l'opposition PS ne s'est insurgé, « hormis le Front de Gauche, le seul parti qui nous a vraiment soutenu au niveau du département », précise le délégué syndical. Beaucoup des jeunes inscrits à la mission locale ont manifesté leur soutien. Comme Ourida (2). Cette jeune femme la fréquente depuis l'âge de 18 ans. Aujourd'hui, elle en a 28 et bien que dépassant les critères d'âges, elle est libre de s'y rendre et d'être aidée dans ses recherches. Pour elle, la liquidation judiciaire de l'association serait « un recul ». « On en a besoin dans le quartier, surtout pour ceux qui n'ont pas le permis parce qu'ils devront aller au Pôle Emploi de Metz. Les conseillers nous connaissent bien, il y a un attachement et une détermination à nous aider ». Dans le quartier Saint-Eloy, en pleine rénovation urbaine, Rachid Bahloul continue, à quelques semaines de l'échéance judiciaire, à rencontrer des parents et des jeunes. Le rendez-vous était pris non loin de l'école de la deuxième chance. Roselyne (3) a deux garçons de 21 et 25 ans. L'un d'eux a trouvé une formation en entreprise par le biais de la mission locale. Elle refuse de la voir disparaître. « Elle sert à orienter nos gamins, leur apprendre à faire un C.V, rectifier les erreurs. Ce n'est pas parce qu'on est dans une banlieue qu'on n'a pas nos chances. Nos gamins, ils ont droit de bien démarrer dans la vie, ils sont là, il faut les aider. Woippy ça a mauvaise réputation mais les gens ne sont pas plus mauvais ici qu'ailleurs », plaide-t-elle. A l'ouest du département de la Moselle qui voté à 53,48 % pour Nicolas Sarkozy, Woippy, commune gérée par la droite, élue depuis 2001 sur le thème de la sécurité, fait figure de résistante. Elle a donné 58,68 % des voix au candidat socialiste. Message clair à l'adresse du sénateur-maire, qui malgré une rénovation urbaine conséquente, cultive avec soin la séparation entre le Woippy résidentiel et la « zone sensible ». Roselyne, habitante de la ZUS attend beaucoup du récent changement politique : « Le projet de Hollande, c'est qu'il y ait plus de travail pour nos jeunes. Donc, ils ne doivent pas fermer pas la mission locale. En tant que parent, je fais de mon mieux. Mais si on la ferme ce lieu, les jeunes vont traîner dans la rue et après on va dire qu'ils ne font rien ». Le père des deux jeunes, présent au rendez-vous, acquiesce. Pour lui, entre la mission locale et le Pôle Emploi, il y a une grande différence : « Au Pôle emploi, ils ne parlent pas avec les gens. Alors qu'à la mission locale, les conseillers connaissent bien les jeunes des quartiers, ils les respectent et n'ont pas peur d'eux. C'est le seul endroit où ils peuvent dire ce dont ils ont besoin ».


De retour à la mission locale, dans la grande salle de réunion, où des ordinateurs sont à disposition, Valérie S., conseillère depuis plusieurs années, reçoit Audrey, âgée de 22 ans : « J'habite à Hagondange et je viens en bus à Woippy parce que l'antenne de la mission locale a fermé. Ca fait deux ans que je suis inscrite. J'ai fait un action d'orientation professionnelle, puis un contrat pro pendant huit mois. Si la mission disparaît, ce serait dommage pour les jeunes qui ne s'en sortent pas ». Un peu plus loin, dans un autre bureau, Oualid (4), 25 ans, est venu pour être mis en relation avec des recruteurs. Pour lui aussi, la fin de la mission locale, c'est incompréhensible : « Les jeunes seront livrés à eux-mêmes, surtout ceux qui ont du mal. Ce serait une catastrophe, celui qui a pas d'ordinateur, comment il fait pour chercher des offres, pour le logement, pour aider à financer le permis de conduire ? Un conseiller qui connaît par cœur votre parcours, c'est rare. Qui nous aidera ? ». « Les politiques devraient mettre des budgets sur la jeunesse, sur l'emploi comme il a dit François Hollande : « le changement, c'est maintenant ». Moi je l'espère que ça va changer, que les choses vont s'améliorer. Je suis allé voter aux deux tours, c'est mon droit, je l'utilise. De l'espoir, j'en ai toujours eu mais quand vous avez des gens qui ne vous donne pas les occasions, qui ne vous font pas confiance, on se demande bien comment on va faire... Quelqu'un qui sort du système scolaire, comme ça a été mon cas, c'est difficile. Des fois, il faut mentir sur l'expérience et au final, si on veut trouver un petit travail, on n'a pas vraiment le choix. Moi, je ne sais pas comment je vais faire pour ma retraite. Je n'ai jamais eu de CDI. Il faut se démener pour pas grand chose, alors qu'on demande un truc normal : aimer son travail, vivre correctement. L'avenir, ça fait peur mais on a un nouveau président. On verra bien ce qu'il va faire. En tous les cas, « travailler plus pour gagner plus » c'est fini ! Ce que je voudrais, c'est travailler tout simplement, gagner mon pain. Je ne demande pas plus. »

 

Ixchel Delaporte

 

photo Mathieu Cugnot


(1) « Ma question s’adresse à M. le garde des sceaux, ministre de la justice. Elle ne porte pas sur le racisme anti-blanc (...) mais sur les mariages blancs. Dans ma commune, lors d’un mariage sur deux, l’hôtel de ville résonne de youyous. » Question posée le 30 novembre 2005 à l'Assemblée nationale.

(2-3-4) Les prénoms ont été modifiés par souci d'anonymat


 

Par salaries-mission-locale-woippy
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mardi 22 mai 2012 2 22 /05 /Mai /2012 16:12

Portrait de la France Populaire

En page 1 de l'humanité

 

_ATH5658.jpg

Par salaries-mission-locale-woippy
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

  • : Le blog de salaries-mission-locale-woippy
  • Le blog de salaries-mission-locale-woippy
  • : Depuis bientôt douze mois les salariés de la Mission Locale des Vallées de la Moselle et de l’Orne luttent pour se faire entendre d’une direction sourd à leurs revendications. 87% des salariés revendiquent une réévaluation de leur salaire comme cela a été accordé de façon partiale et inéquitable à trois salariées très proches de la Direction. Ces promotions, cachées au reste de l’équipe, ont été réalisées dans un contexte de difficulté budgétaire annoncée de mani
  • Partager ce blog
  • Retour à la page d'accueil
  • Contact

Recherche

Calendrier

Juin 2012
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30  
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés